Milgram nous dit que l’individu passe de l’état autonome (on est déterminé de l’intérieur) à l’état agentique (l’individu se sens comme un rouage d’une volonté qui est extérieur à la sienne)

Comment se fait ce passage et quels sont les facteurs de maintenance ?

Sourced through Scoop.it from: Le blog du cinema – The experimenter.

Ce que pense Sleevup de l’expérience de Milgram :

Hier soir, je suis allé voir la projection de Experimenter avec Ben Sierra (coach en relationnel) dans le cadre de la semaine du cerveau… et oui, c’est la semaine du cerveau partout en France 🙂

Le film retrace la vie de M. Milgram et de son expérience sur la soumission à l’autorité. Je ne vais pas vous l’expliquer à nouveau, mais je vais quand même vous mettre dans le contexte.

À l’époque ou l’expérience de Milgram a été réalisée pour la première fois (1960), tout le monde a été choqué de voir qu’environ 65% des personnes (des professeurs dans l’expérience) continuaient de faire subir à l’autre personne (l’élève) des décharges électriques de plus en plus fortes, alors que l’élève ne donne plus signe de vie !

Les « professeurs » sont incroyablement mal à l’aise, ils veulent arrêter, ils gigotent sur leur chaise, ils sont désolés de presser le bouton de la punition à leur élève qui c’est encoure trompé de réponse ; mais ils continuent malgré tout, car quelqu’un leur donnait l’ordre de continuer !

L’expérience de Milgram a été refaite en 2010 en France et près de 80% des personnes infligeaient la décharge maximale à leur « élève ». C’est incroyable !

En voyant l’expérience de l’extérieur, on se pense tous capable de stopper l’expérience avant qu’il ne soit trop tard ! Pourtant personne ne le fait…

Que se passe-t-il dans la tête de ces personnes ? On ne sait pas vraiment répondre à cette question. Du moins, on a pas su me répondre hier !

Je ne suis pas là pour vous parler du film. Ce dont j’aimerais vous parler aujourd’hui est du débat qui a suivi la séance avec les experts Maja Becker (Maître de conférences), Catherine Dupré-Goudable & Jacques Lagarrigue (Espace de Réflexion Éthique Midi-Pyrénées).

Le débat est parti un peu à droite, un peu à gauche, avec des questions plus ou moins interminables… jusqu’au moment où Jacques Lagarrigues a soulevé un point qui m’a fasciné !

Un des moyens de prévenir ce type de réaction (obéissance absolue à l’autorité) est de prendre conscience des réactions et des processus mis en marche par notre cerveau.

En quelque sorte, vous allez avoir la force de stopper l’expérience si avez suffisamment de recul pour analyser votre réaction.

C’est plus ou moins ce qu’on appelle la pleine conscience en méditation. Et si je peux citer un bénéfice à mes multiples retraites de méditation Vipassana, c’est bien le fait de prendre conscience des ficelles qui agitent la marionnette que je suis.

La méditation n’a pas vraiment changé mon comportement, bien que je sois plus calme aujourd’hui, mais elle me permet de me comprendre davantage.

La personne qui joue le rôle du professeur est confrontée à un conflit intérieur entre son ego, sa conscience et surement bien d’autres facteurs… et le résultat n’est pas très beau à voir : une personne prête à griller son voisin pour obéir aux ordres et ne pas se discréditer (elle s’engage à participer à l’expérience).

Cet état mental bien particulier dis état « agentique » apparait dans la vie de tous les jours.

Vous savez, quand vous arrivez en sang aux urgences et que la personne à l’accueil vous demande de remplir le formulaire sous prétexte que c’est la procédure. Ou tout simplement quand quelqu’un ne veut pas admettre qu’il a tord, même s’il le sait !

Pour stopper ce processus, il faut tout d’abord prendre conscience que c’est peut-être notre égo qui nous pousse à continuer notre acte pour ne pas montrer qu’on a eu tort en premier lieu.

Et la méditation va nous aider à cela… on va fouiller au plus profond de notre cerveau pour voir ce qui s’y passe.

Prendre conscience des ficelles qui nous font agir peut aussi servir à lutter contre le stress et à bien réagir face à l’inconnu.

Face à un danger, vous pouvez soit fuir, soit l’affronter. Mais pour choisir sa réaction, il faut d’abord se comprendre un peu !

Dans certains métiers comme les forces spéciales, le GIGN, le RAID, il est impératif de faire cet exercice, car ils sont constamment en situation de stress.

Imaginez quelqu’un des forces spéciales se paralyser de peur avant un affront… pas possible.

Ils doivent avoir une parfaite maitrise de soi, et tout cela s’apprend.

Je pense que c’est ça la liberté du 21e siècle : ne plus être esclave de son mental.

Tout comme l’expérience de Milgram, ce film est bouleversant, je vous conseille de le regarder.

Joseph
Sleevup !