L’ennui au travail c’est comme le chocolat. Au début c’est bon. Jusqu’à en donner la nausée. Et le ‘bore-out’ c’est comme avoir la nausée au travail. Une nausée souvent taboue qui peut rapidement devenir désastreuse pour l’entreprise et le salarié touché.

Vous connaissiez le Burn-out, causé par un stress professionnel chronique souvent lié à une surcharge de travail. Maintenant, voici le bore-out (‘bore’ de l’anglais ‘Boredom’: ennuie). En français : syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui.

Selon les pères de cette théorie, Peter Werder et Philippe Rothlin deux consultants d’affaires suisses, le bore-out résulterait d’un mélange d’ennuie, d’absence de défis et de désintérêt dans la sphère professionnelle. Voilà trois éléments imbriqués l’un dans l’autre qui auraient pour conséquence logique une perte d’énergie, de motivation et d’estime de soi.

Ou comme l’écrit le docteur François Baumann : « Être en bore-out, c’est être à bout, par manque de travail, de motivation ou de défis professionnels » dans « le bore-out. Quand l’ennui au travail rend malade » (Josette Lyon, 2016)

Bore-out vs burn-out: besoin d’une image ?

Le bore-out plus tabou que le burn-out touche pourtant davantage de travailleurs (30% contre 10% pour le burn-out). Pour désigner le burn-out, le psychanalyste Herbert J Freuddenberger, auteur des premières recherches sur le syndrome d’épuisement professionnel, écrivait :

« Les gens sont parfois victimes d’incendie, tout comme les immeubles. Sous la tension produite par la vie dans notre monde complexe, leurs ressources internes en viennent à se consumer comme sous l’action des flammes, ne laissant qu’un vide immense à l’intérieur, même si l’enveloppe externe semble plus ou moins intacte. »

Ainsi pour nous donner une simple image de ce qu’est le bore-out, nous pourrions dire:

« Les gens sont parfois victimes d’ennui, tout comme les immeubles désaffectés. Sous l’absence de tension, leurs ressources internes en viennent à dépérir sous l’action du temps, ne laissant qu’un vide immense à l’intérieur… »

Mais si la tension du burn-out s’explique par un stress professionnel chronique, qu’est-ce qui explique cette « absence de tension » du bore-out ? Quelles sont les véritables causes de cet ennui, de ce désintérêt qui se termine dans la majorité des cas en dépression ?

Voici 3 symptômes clés du bore-out :

#1 L’ennuie : Absence d’émotions.

« L’absence d’émotion cause l’absence de progrès et l’absence de motivation » – Tony Robbins

« Une sorte de nausée » c’est en ces termes que Sénèque, parle de l’ennui il y a environs deux milles ans.

« Combien de temps les choses demeureront les mêmes ? Assurément je serai éveillé, je dormirai, j’aurai faim, j’aurai froid, j’aurai chaud. N’y a-t-il dont pas de fin ? » Écrit-il, et pour conclure « cela me rend nauséeux ».

Le célèbre philosophe nous décrit là un sentiment qui nous semble étrangement familier: l’ennui. Quelques milliers d’années plus tard le problème n’a pas changé. Certes il a évolué, changé de forme, mais cet ennui est toujours bien présent dans nos vies.

Et le grand gagnant de la source de l’ennui profond est… Le déni!

Avez-vous déjà rencontré des personnes en déni de leur propre problème? se “voilant la face” pour se protéger? Peut-être l’avez-vous vécu personnellement ?

Lorsqu’on échoue, pour quelconques raisons, à cerner les réels problèmes dans notre vie, on rentre dans un cercle vicieux. En déniant notre ennui (dans le cas présent) et les facteurs qui le cause, on empire notre situation, car on est incapable de se construire sur des fondements solides.

Pourquoi ? Pourquoi dénier que l’on hait son job? Pourquoi dénier toute absence de bien-être dans la sphère du travail? Ou toute autre anormalité dans notre vie?

Très simple: Le déni s’installe quand on croit que dénier une certaine réalité nous procurera moins de douleur que le fait de régler ce même problème en le communicant. Car on croit, à tort ou à raison, que régler ce problème impliquera une douleur plus importante à nos yeux.

Mais une décision prise dans la peur est rarement la bonne. Le tabou de ne « rien faire » dans cette société hyperactive, la peur d’être licenciée…sont autant de justifications valables, mais le déni de cette situation personnelle destructrice n’est qu’une bombe à retardement. C’est là qu’il faut en prendre conscience, et au plus vite !

Un excès d’ennui: qui dit plus …?

S’il est dit que la pratique rend parfait, alors c’est bien la répétition de cet ennui, qui génère encore plus d’ennui ! Plus votre cerveau emprunte un chemin nerveux, un état émotionnel, un type de comportement donné, plus ce chemin est renforcé en vous.

C’est la répétition d’un état néfaste qui nous fait rentrer dans un cercle vicieux qui renforce ce « muscle » de l’ennui. En d’autres mots, l’ennui appelle l’ennui, et il est de plus en plus difficile d’en sortir.

Ce qui devient “intéressant” – c’est qu’a un certain point – notre instinct de survie et notre besoin de variété, nous poussent à trouver des échappatoires à cet état d’ennui. Et puisque, le déni est là, et qu’il n’y a pas de mots aux maux, c’est notre inconscient qui prend le dessus.

C’est notre inconscient qui veut rétablir un certain équilibre, qui se met à chercher des échappatoires. Notre inconscient cherche des raccourcies en guise de solution, il cherche à nous dire quelque chose: il y a un déséquilibre !

Et pour rétablir cet équilibre le corps et l’esprit s’expriment: Passes temps nocifs, addictions à la drogue, aux jeux, à la recherche de risque…selon des études varies, il y aurait aussi une association claire entre l’ennuie chronique et des risques de paranoïa, crise d’épilepsies et bien d’autres.

Le mythe de la paresse

Oui le mot est lâché: paresse! Comme le dit Tony Robbins : “Les gens ne sont pas fainéants, ils ont simplement des buts qui ne les inspirent pas!”

Est-ce que le Bore-out touche des personnes qui ont perdu de vue des buts dans leurs vies qui les inspirent ?

Oui. Est-ce que le bore-out c’est être paresseux? Non!

Le bore-out est bien plus vaste, incluant des causes internes et externes à la personne plus variées les unes que les autres.

Alors que vous pensiez que le bore-out soit de la paresse, ou de la procrastination, cela nous importe peu, car tout est une question de sens.

Le problème c’est que le sens que donne notre société et donc probablement votre entreprise, à la paresse n’est pas des plus constructifs, et c’est le moins qu’on puisse dire.

La culpabilité générée par ces termes dans notre culture, ne fait que renforcer les peurs d’un salarié d’être mal vu, moqué voir licencié. D’où le déni. D’où les complications et soucis de santé.

Ce sentiment de culpabilité généré par notre société éloigne la personne touchée de sa capacité à trouver des solutions et à retrouver des buts qui l’inspirent. Des solutions qui demandent du temps, de l’écoute et de la persévérance.

Micro-astuces !

Si vous sentez que votre situation au travail est caractérisée d’un ennui profond et constant; que vous avez ce sentiment de mal-être général dans votre vie; que vous sentiez que votre corps s’exprime sans que vous vous sentiez capable de mettre des mots sur vos frustrations

Apprenez à créer plus de choix, plus de possibilités dans votre vie, et décidez ensuite. Soyez à l’écoute de vos émotions, elles sont là « pour vous dire quelque chose ». Sachez cultiver les émotions d’amour propre, de gratitude, de joie.

Sachez apprendre des émotions dites « négatives ». L’ennui profond et chronique, c’est l’absence d’émotions, c’est une mort intérieure.

La colère comme la joie sont des émotions pleines d’énergie qui peuvent nous aider à progresser et à surmonter constructivement les obstacles.

#2 Mise au placard. Absence de tâches attribuées. Absence de défis.

bore out femme mise au placard

La « mise au placard » d’un salarié, souvent à la source du bore-out, c’est tout d’abord un salarié qui est privé de son besoin fondamental de contribuer. De contribuer au développement de son entreprise, d’utiliser ses compétences et connaissances et de se sentir grandir. Une frustration menant à une absence de reconnaissance, essentielle à l’épanouissement de chacun.

Et votre patron dans tout ça ?

Dans cette absence de tache attribuée (et plus généralement dans le mal-être d’un salarié) c’est la question du leadership au sein de l’entreprise qui rentre en jeux. La mise au placard, mise en place implicitement voir inconsciemment par le supérieur hiérarchique, est bien souvent moins coûteuse pour l’entreprise que de licencier la personne en question.

Parfois il est question d’une mauvaise répartition des tâches entre les salariés. Idéalement, si vous n’êtes pas votre propre patron, votre manager se doit de prendre en compte la dynamique de groupe, sa cohésion, sa vision!

De plus, si certains salariés dits plus motivé ou plus ambitieux semblent “prendre le dessus” sur d’autres personnes du groupe, c’est alors un déséquilibre qui se crée. Déséquilibre qui mène à la formation de sous-groupe au sein de l’équipe et à une communication interne divisée, néfaste à tout point de vue pour l’entreprise.

Dans ces cas-là, la solution la plus efficace est de faire appel à une tierce personne pour délivrer une formation ciblée et désamorcer les tensions.

L’impression d’être fliqué et surveillé…

Il est également courant qu’une entreprise surveille ses salariés pour parer au gaspillage de temps dans l’idée d’augmenter l’efficacité du groupe.
Stratégie que certains salariés s’empresseront de contourner par exemple avec une simple navigation internet sur un smartphone pour vérifier ses emails personnels ou aller sur les réseaux sociaux.

Comme le dit parfaitement Simon Sinek, guru du leadership : « les meilleurs leaders sont ceux qui nous procurent un sentiment de sécurité ».

En effet, l’équipe professionnelle dans laquelle vous êtes constitue un groupe au même titre que votre famille constitue un autre groupe. Ce qui maintiendra les membres d’un groupe ensemble, c’est avant tous ce sentiment de sécurité.

A l’opposé, lorsque vous vous montrez suspicieux envers vos salariés, vous procurez à vos salariés un sentiment d’insécurité. Vos salariés le sentent et vous renverront la pareille automatiquement. Surveiller ne constitue qu’une solution à court terme.

Le problème du bore out nous renvoie donc à un problème plus large : celui de l’organisation de l’entreprise elle-même. Et en fin de compte c’est une personne qui souffre, qui ne se sent pas prise en compte, qui ne se voit attribuer aucune tache significative ni défi.

Prétendre travailler pour passer inaperçu…

Dans certains cas, le sentiment d’insécurité ressenti par la personne est tel qu’elle prétendra être en train de travailler par peur que l’on voit qu’elle n’a aucune tache, ou que son poste n’est pas vraiment essentiel.

Constat qui peut donner suite à un licenciement, une option rarement envisageable et désirée par la personne concernée!
Résultat: un simple logiciel de traitement de texte ou des dossiers ouverts sur le bureau feront l’affaire pour passer inaperçus aux yeux des autres.

Micro Astuce :

On dit qu’il est facile d’accuser sa hiérarchie et de se positionner en tant que victime. Mais il n’en demeure pas moins que votre bien-être dans le cadre professionnel est aussi et surtout sous la responsabilité de votre hiérarchie. Trop souvent, certaines personnes ne sont aucunement prises en compte, elles sont mises de côté, oublié, voire rabaissé. Cela doit changer à tout prix.

Pour prévenir la mise au placard, et clarifier vos doutes, échangez dès que possible avec votre n+1.

Les conversations dissipent les malentendus. Gardez à l’esprit que chaque chose arrive pour vous et non pas contre vous. Découvrez l’opportunité derrière chaque recoin. Analysez la situation avec votre supérieur ou un aidant extérieur. Envisager une réorientation, l’opportunité qui vous est offerte est celle de montrer votre proactivité. Les vagues d’aujourd’hui vous préparent pour un meilleur lendemain. Surfez sur ces vagues.

Qu’en est il des personnes qui se voit attribuées des taches, mais ont perdu toutes motivations à les achever ?

#3 Désintérêt : Perte de sens dans ce que l’on fait.

L’ennui est le sentiment que notre vitalité s’engourdit, faute d’un intérêt quelconque, c’est l’écoeurement de l’esprit qui ne trouve rien autour de soi à quoi s’attacher, rien à questionner, rien à apprendre, rien à faire, et qui est condamné à l’oisiveté forcée – Henri-Frédéric Amiel ; Journal intime.

Désintérêt, démotivation, ennuie, anxiété, tristesse et tout autre état similaire qui caractérisent un début de bore-out nous renvoient à une chose centrale : Le sens que l’on donne à ce qui nous arrive.

Se poser de meilleures Questions.

Lorsqu’il vous arrive quelque chose d’important dans votre vie comme un épuisement professionnel, il y a trois questions que vous vous posez (la plupart du temps inconsciemment):

1/ qu’est-ce qui m’arrive ? (Abordé lors du chapitre #1 et #2. Notez que le déni vous empêche de répondre à cette question avec justesse: vous vous mentez à vous même pour vous protéger et le cercle vicieux se crée)

2/ quel est le sens de ce qui m’arrive ? (Abordé lors de ce chapitre #3)

3/ comment je vais réagir ? (La balle est dans votre camp!)

En effet, les questions que l’on se pose et la façon dont on y répond dirigent notre attention. Par exemple, lorsque vous crevez un pneu, la meilleure solution n’est pas de rester les bras croisés en vous demandant:
“Pourquoi ça m’arrive toujours à moi ?” et à blâmer votre partenaire pour ne pas avoir changé le pneu usé.

Pour délier la situation, vous vous demandez “Comment je peux réparer ce pneu?”! Question qui vous mène à une réponse plus proactive.

Ces questions qui apparaissent à chaque moment de la journée, sans même que l’on s’en aperçoive la plupart du temps, sont l’une des raisons pour lesquels nous restons enfermés dans ces états négatifs. Nous continuons sans cesse à nous poser ces questions qui ne mènent nulle part.

Le point clé est que notre attention mentale influe directement sur nos émotions. Et la qualité de nos émotions, c’est qualité de notre vie !

La qualité de nos émotions sera déterminante dans notre capacité à renouveler notre intérêt pour ce que l’on fait.

Quel est le sens du problème qui m’ait donné aujourd’hui ? Comment puis-je utiliser cette frustration pour devenir plus fort ? Comment puis-je utiliser mes doutes pour renforcer ma raison de vivre pleinement ma vie ?

Comment créer plus de possibilités dans ma vie? …Autant de questions qui méritent réflexion et exploration de votre part.

Que l’on « meurt d’ennui » à exécuter une tache donnée (ou bien que l’on nous ne donne pas) : il s’agit de reconnaître l’opportunité qui nous ait donné à chaque instant et de trouver les raisons au plus profond de nous-mêmes qui nous animent. Il s’agit d’agir en conséquence.

Après quelques jours à vous poser les bonnes questions, vous verrez naturellement votre comportement évoluer.

Trouver une VISION !

Trouver (ou retrouver) une vision qui nous inspire est un ART ! Pourquoi se lever le matin ? Quelle est la raison qui vous anime ? « Aucune ! » diront certains. Vraiment ? Prenons deux exemples de métiers réputés peu gratifiants:

Technicien de surface ? > Faire un nettoyage d’excellente qualité pour que chaque travailleur utilisant ces lieux fasse son travail dans les meilleures conditions.

Agent de sécurité ? > Être une force pour le bien des autres avec pour mission de protéger. Être le gardien des lieux et contribuer à une société plus sûre.

Trouver vos propres mots selon votre activité! Mais le but ici est de montrer que l’on peut redéfinir et « élever » la mission profonde de chaque métier et se faisant agir avec plus de passion et de créativité.

Bref chacun est différent dans la façon qu’il a de voir le monde, mais la bonne nouvelle c’est que nous pouvons changer le sens qu’ont les choses pour nous. Pourquoi ? Pour surmonter les obstacles de la vie, les frustrations, les incompréhensions. Tout ça est d’abord une histoire de sens.

Trouver du sens dans ce que l’on fait aujourd’hui, même si à priori, on n’aime pas ce que l’on fait, nous prépare mentalement pour un avenir meilleur.

Micro-Astuce :

Est-ce que votre activité professionnelle revêt d’un sens particulier à vos yeux ? Montrez-vous beaucoup d’intérêt à ce que vous faites chaque jour ? Est-ce que ce désintérêt vient de votre attitude vis-à-vis de votre travail et des gens qui vous entourent OU du travail en lui même?

Rappelez-vous : la vie a un sens sous toutes circonstances. Et vous avez la liberté sous toutes circonstances de trouver plus de sens et raisons de faire ce que vous faites chaque jour.

Que serait la vie sans obstacle? Les obstacles sont des opportunités de progresser! Que serait un match de tennis sans adversaire ?! Le match s’arrêterait et aucune progression ne serait possible. Dans la vie, trouvez votre adversaire, votre challenge, et devenez fièrement responsable de votre avancée. Faites des erreurs, mais dansez quand même!

Même si nous ne pouvons changer une situation ou circonstance, nous pouvons toujours choisir notre attitude.

C’est à vous !

Le bore-out se définit au travers de trois choses : une perte d’émotion, une absence de défis, et un désintérêt au sein de la sphère professionnelle de la personne.

Trois points clés qui sont à la fois causes et conséquences d’une situation où la personne se sent renfermée, où l’habitude s’installe et où les dérives extrêmes peuvent apparaître.

Maintenant, nous aimerions vous entendre ! Dans la section commentaire, dites-nous :

1. Lequel de ces 3 symptômes du bore-out vous serait le plus familier? À vous ou à une personne de votre connaissance.

2. Comment faites-vous personnellement pour faire face à ces challenges que peuvent vous « imposer » la vie ou votre environnement de travail ?

Rappelez-vous: partagez autant de détails que possible dans votre réponse. Des centaines de personnes viennent ici chaque semaine en recherche de plus d’inspiration et d’idée pour booster leur vie. Et vos mots pourraient être exactement ce que quelqu’un d’autre à besoin d’entendre pour avancer courageusement dans sa vie.

Dans un prochain article « 7 clés pour changer sa vie »

Benoit Serres /// https://about.me/serresbenoit
Intervenant Stratégique, Coach de vie, Consultant Relationnel international. Ancien étudiant de l’école de Tony Robbins. Mission: Créer un impact positif dans ce monde une personne à la fois. Inspirer. Sensibiliser. Partager, Libérer.