On attribue souvent toutes nos douleurs liées à l’effort à ce que l’on nomme à tort « acide lactique ».
Il n’a d’ailleurs rien d’acide, et même si le lien est étroit entre les douleurs et l’apparition du lactate, il n’en est pas pour autant la cause. Mais alors, quel rôle joue-t-il ce fameux lactate?

Qu’est-ce-que le lactate ?

Habituellement, le corps utilise de l’oxygène pour produire de l’énergie. Mais lors d’un effort intense, les muscles, en particulier, ont un besoin énergétique important et immédiat qui ne peut être assuré par les procédés aérobies.
Des procédés anaérobies (sans oxygène) sont sollicités, car ils sont plus rapides. En revanche, ils ne peuvent être exploités longtemps, car les réserves sont limitées.

Le lactate est l’un des témoins de cette production d’énergie dans les muscles.

Sur le plan métabolique que se passe-t-il ?

La respiration cellulaire (consommation de glucose en vue de produire de l’énergie) peut être décomposée en deux grandes étapes:

  1. La glycolyse, qui fournit le pyruvate et qui va alimenter la seconde partie ;
  2. Le Cycle de Kreps, qui est une voie métabolique qui sers grossièrement à produire l’énergie utilisable par les muscles.

Lors d’un effort, une partie du pyruvate va se transformer en lactate.

Plus l’effort est intense, plus la production de lactate est importante, à fortiori sur des individus non entrainés.

Si l’effort intense est maintenu, le lactate va franchir la membrane cellulaire pour se retrouver dans la circulation sanguine.

Le taux de lactate est appelé la lactatémie, elle dépend bien évidemment, de la production de lactate, et donc de l’intensité et de la durée de l’effort.

Mais elle dépend également de sa réutilisation ou de son recyclage qui peut être fait de différentes manières:

  • Le foie va en transformer une partie en glycogène (cycle de Cori). 
- Les muscles vont en réutiliser également après ré-oxydation du lactate pour reformer du pyruvate.
  • Le coeur et le cerveau quant à eux, consomment une partie de ce lactate.
  • Une partie moins importante sera excrétée par les reins, et une autre plus infime encore, sera évacuée par la sueur.

Quelles sensations ?

Il faut veiller pour le confort de la pratique à ne pas maintenir un taux de lactate trop important trop longtemps.

En effet, des douleurs musculaires importantes apparentées à des brulures peuvent succéder à une lactatémie importante, ainsi qu’une très nette baisse de la performance physique, presque une tétanie.

Pourquoi travailler en lactique ? Quand (ne pas) le faire ?

Si vous êtes confrontés à ce type de sensations lors des compétitions, alors je vous invite à travailler votre « lactique » soit votre puissance (ou intensité) anaérobie et votre capacité (ou volume) anaérobie.

Si au contraire, dans une pratique loisir, vous souhaitez éviter ce qui peut être perçu comme un désagrément, il vous suffit de baisser un peu l’intensité de l’effort pour faire disparaitre les gènes liées à une lactatémie importante. L’activité musculaire soutenue permettant de faire baisser la lactatémie. (dès lors que l’effort n’est plus assez intense pour la faire monter)

Pensez également à bien respirer, car l’apport en oxygène dans les muscles permettra un meilleur fonctionnement des procédés aérobies et une meilleure transformation des lactates en pyruvates, qui souvenons-nous est un élément clés de la production d’énergie.

Comment récupérer ? Facteur temps ?

Sur le même principe, après l’effort, une récupération active, d’une intensité inférieure à 50% de l’effort maximum réalisé pendant l’entrainement permet de retrouver une lactatémie de base en seulement 20 minutes contre 1H30 en récupération passive.

Au vu de ces chiffres, on peut aisément en conclure que le lactate n’est en rien responsable des courbatures, comme cela a longtemps été affirmé, à tort.

Une autre constatation est que le lactate a bien un rôle énergétique, il ne peut pas être considéré comme un déchet métabolique. On pourrait le qualifier de signal, qui en plus d’avoir une fonction de témoin de fin de réserve peut être réutilisé comme combustible.